23.02.2008

NICOLAS SARKOZY : MAURRASSIEN ?

 

b7bc887c070f45cac59187b742b985ed.jpg
73b53938282e034ea68fc32ccb1d468e.jpg

Le titre de ce billet, peut surprendre, voir choquer quelques uns d'entre vous.
Pourtant, on peut légitimement se poser la question.
Depuis de nombreuses années, N. Sarkozy, alors ministre de l'intérieur et des cultes, se prononçait pour une réforme de la loi de 1905; aujourd'hui, président de la république, il n'est plus question de réformer cette loi, mais de parler de "laïcité positive".
Qu'est-à-dire ? Après avoir parlé d' immigration positive, c'est au tour de la laïcité de l'être.

Pour les croyants, et particulièrement, les chrétiens et catholiques, en France, cette nouvelle orientation de la république, pourrait les réjouir.

Passer d'un laïcisme revanchard, à une vraie laïcité, où les pouvoirs temporels et spirituels, sans se confondre, pourraient s'épauler mutuellement.

C'est sans doute le rêve "éveillé" de Nicolas Sarkozy. Malgré les discours, on peut légitimement en douter.

D'une part, parce que notre président, n'est pas un arbitre, mais le chef d'un parti politique et quoiqu'il fasse, il sera toujours soupçonné d'être partisan.

D'autre part, il déconcerte, puisqu'après avoir prononcé son discours du Latran, digne d'un capétien, il est allé faire un discours identique en Arabie Saoudite,vantant les vertus d'un Islam ouvert, et bientôt, il se rendra au GOF, je crois, où il vantera les mérites de la franc-maconnerie , dans l'érection de la république.

On dirait que notre président, est toujours en campagne électorale. il courtise inlassablement ceux qu'il croise.

De plus, comment croire ce qu'il dit, puisque dans sa vie privée, il est en contradiction, avec les principes de ces religions.
Il ne faut pas oublier que la notion de laïcité, ne date pas de 1905, mais elle est plus ancienne, puisqu'on en trouve la trace dans l'évangile, lorsque le Christ, dit qu'"il faut rendre à César, ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu..."

Sous la monarchie, même, cette laïcité à été préservée, puisque les rois de France ont toujours veillé à ce que les pouvoirs ne se superposent pas. Le roi Louis IX dit Saint Louis,lui-même, veilla à ce qu'il en soit ainsi.

Dernier fait en date, le comte de Chambord, protesta vigoureusement lorsque le pape Léon XIII, rompant avec son prédécesseur, demanda aux catholiques de France, de se rallier à la république. Ce qui sera effectif, à la mort

d'Henri V.

Après cette digression, revenons au titre de cet article: "Nicolas Sarkozy:Maurrassien ?".

Pourquoi associer Sarkozy avec Ch. Maurras ?
Parce que notre président dans ces discours sur la religion, en parle comme d'un fait culturel, social et historique.
Pour lui, et c'est ce qu'on lui reproche, la religion, sert de soutien à l'ordre et à épancher les peines  des hommes, bref, d'en faire l""opium du peuple, que Marx lui reprochait justement.
L'approche de N. Sarkozy, sur les religions, est culturel plus que cultuel.

C'est dans cette approche, qu'il peut être associer à Ch. Maurras.
En effet, ce dernier, professait une philosophie politique selon laquelle "l'ordre de la politique et l'ordre de la conscience sont distincts"; lui-même agnostique, il portait au catholicisme une grande considération parce que c'était un "christianisme amendé par les siècles" et par la papauté qui avait su, selon lui, éliminé de l'enseignement de Jésus, tout ce qui était révolutionnaire et subversif.

Il ne faut pas oublier que Ch.Maurras, avait été "positiviste", c'est-à-dire disciple d'auguste Comte.

Selon cette philosophie, seule la vérité assurée est celle que l'experience sensible vérifie. Le langage ne peut-être que s'il décrit des choses expérimentales, que s'il est la représentation vérifiables de faits qu'on doit pouvoir atteindre sans lui. Ainsi la recherche de causes, spécialement de causes finales ou formelles, est une pure illusion pour le positivisme.

L'on comprend mieux le fameux "politique d'abord" du fondateur du mouvement et journal l'Action Française.

A certains égards, en lisant le discours de Sarkozy, au Latran,ainsi que celui prononçé en Arabie Saoudite, on retrouve des accents maurrassiens.

La religion, servirait ainsi, à maintenir l'ordre social, la paix intérieure, et permettrait aux gens de compenser les souffrances, qu'ils éprouveraient dans leur vie quotidienne.

On comprend les réticences des instances religieuses, pour qui la religion, est avant tout un médium permettant au croyant de se relier à une Transcendance, à un au-delà de lui-même, qu'on l'appelle Dieu ou autre.

Pour les catholiques, l'Eglise, avant d'être un instrument de paix sociale, est "un organisme divin et indépendant chargé de diriger les âmes vers leur fin surnaturelle" (extrait du texte de Pie XI, condamnant le mouvement d'Action Française, en 1926).

Alors, je sais ce billet, fera "grincer des dents", plus d'un royaliste, spécialement ceux attachés à la pensée maurrassienne.

Mais en écoutant notre président parler du rôle des religions, dans une laïcité ouverte, je n'ai pu m'empêcher, de relier ses dires avec ceux de Maurras.

Et vous lecteurs !, Qu'en pensez-vous ?

Jean-François.